Une table ronde a réuni un groupe d'experts diversifié afin d'échanger des expériences et des bonnes pratiques à travers l'Europe. La discussion a porté sur les défis et les opportunités des pratiques circulaires dans l'horticulture, ainsi que sur des exemples concrets issus du terrain.
Le panel était composé de :
- Bart Vandecasteele, chercheur senior, ILVO
- Cecilia Luetgebrune, secrétaire générale, Growing Media Europe
- Luc Haverkamp, représentant de l'UE, province de Noord-Holland
- Giovanni Missanelli, directeur, Assomela
Des discussions passionnantes
La table ronde a permis de dégager un large éventail d'idées et d'aborder les défis et les opportunités pour les économies et les pratiques circulaires dans l'horticulture et l'agriculture en environnement contrôlé. Les participants ont partagé des exemples concrets tirés de la serre, illustrant les meilleures pratiques et les résultats des systèmes circulaires existants. Ils ont également formulé des recommandations politiques concrètes, soulignant une conclusion commune : un soutien politique plus fort est essentiel pour faire progresser la circularité dans le secteur.
Si les solutions technologiques et les connaissances ne constituent pas les principaux obstacles à la mise en place d'un secteur horticole véritablement circulaire, la mise à l'échelle de ces pratiques innovantes se heurte à plusieurs obstacles importants. L'absence d'un cadre politique européen cohérent et complet constitue un défi majeur en matière d' . La législation européenne actuelle ne reflète souvent pas les pratiques existantes qui ont déjà fait leurs preuves dans divers États membres, ce qui entraîne une fragmentation et des incohérences réglementaires. En conséquence, les producteurs sont peu incités à adopter à grande échelle des matériaux et des solutions circulaires.
En outre, les charges administratives et la longueur des procédures d'autorisation freinent activement l'innovation et dissuadent les investissements. Les politiques sont également souvent trop sectorielles, ce qui rend difficile la mise en œuvre de solutions intersectorielles susceptibles de libérer un potentiel circulaire important, comme l'utilisation des tiges de tomates pour l'isolation des avions.
Ces problèmes sont aggravés par une profonde méconnaissance, tant du public que des responsables politiques, du rôle essentiel du secteur de l'horticulture et de ses contributions vitales. Cette méconnaissance entrave la dynamique nécessaire à un changement systémique.
Il est donc fortement demandé à la Commission européenne de présenter un plan global, de simplifier la réglementation, de réduire la charge administrative et de rendre les outils de soutien existants plus accessibles et plus visibles. Plus important encore, un tel plan devrait intégrer de manière cohérente l'horticulture dans les agendas stratégiques nationaux et renforcer son rôle dans le cadre des objectifs plus larges de durabilité.
Malgré ces défis, un fort sentiment d'optimisme s'est dégagé de la discussion. Le secteur de l'horticulture et ses producteurs font preuve d'une remarquable capacité d'innovation, associée à une volonté claire d'investir dans des pratiques circulaires et de les adopter. Des exemples inspirants en Flandre, en Hollande-Septentrionale et en Italie illustrent cette dynamique. Avec un cadre politique approprié et un soutien constant, la transition vers une horticulture circulaire à plus grande échelle est non seulement possible, mais également à portée de main. Il sera essentiel de renforcer la collaboration tout au long de la chaîne de valeur, des producteurs et de l'industrie aux chercheurs et aux décideurs politiques, afin de transposer les solutions efficaces des projets pilotes locaux à l'échelle européenne.
Semaine verte de l'UE 2025
Cet atelier s'inscrivait dans le cadre de la Semaine verte de l'UE 2025, une initiative clé de la Commission européenne visant à sensibiliser le public à l'environnement et à encourager l'action. Cette année, la Semaine verte a mis l'accent sur les « trois C » – Clean, Competitive & Circular (propre, compétitif et circulaire) – et a exploré les moyens de placer la circularité au cœur de la transition économique européenne. Avec son potentiel pour stimuler la compétitivité durable, réduire les déchets, accroître l'autonomie stratégique et promouvoir l'innovation, l'économie circulaire a été présentée comme une solution clé à certains des défis les plus urgents de l'Europe.
En tant qu'événement partenaire, l'atelier de Grodan s'est inscrit dans le cadre d'un large éventail d'activités visant à porter le débat sur la circularité aux niveaux local et régional, en impliquant les entreprises, les particuliers et les communautés à travers l'Europe et au-delà.